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Chirurgie maxillo–faciale et Stomatologie Hôpital Saint-Louis

Chirurgie des kystes des mâchoires

Elle est dépendante de l'origine du kyste.

Kystes inflammatoires ou infectieux

Ces kystes étant consécutifs en général à une infection dentaire, il est nécessaire de traiter la cause, c'est-à-dire la (ou les) dent(s) responsables en plus du kyste. (Pour des informations sur les traitement dentaires voir le chapitre Dentaire)

Kystes de petite taille < 10mm

Le seul traitement de la dent (dévitalisation) atteinte peut suffire à faire disparaître le kyste. Des radios réalisées régulièrement permettent de surveiller la disparition du kyste.

Kystes > 10mm

Le seul traitement de la dent est insuffisant pour faire disparaître le kyste. Il est alors nécessaire, en plus de la dévitalisation, de retirer le kyste et l'extrémité de la racine de la dent atteinte. Il s'agit d'une résection apicale. En fonction de la localisation du kyste et du nombre de dents atteintes, le geste est réalisé soit soit anesthésie locale soit sous anesthésie générale.

Résection apicale
Dent mortifiée et kyste apical (vert) Dévitalisation de la dent (en bleu)
Coupe montrant une dent mortifiée avec kyste apical (en vert) Dévitalisation de la dent (en bleu)
ncision muqueuse Fraisage de la paroi osseuse
Incision muqueuse Fraisage de la paroi osseuse
Accès au kyste Section de l'extrémité de la racine
Accès au kyste Section de l'extrémité de la racine
Ablation du fragment de racine et du kyste Suture
Ablation du fragment de racine et du kyste Suture

Kératokystes et améloblastomes

Le traitement consiste à retirer le kyste, sous anesthésie générale. Le geste est effectué par voie endobuccale dans l'immense majorité des cas.
Lors de situations exceptionnelles correspondant à des kystes très volumineux, une voie d'abord cutanée dans le cou peut être nécessaire. Elle est en général réalisée pour permettre une résection de tout l'os atteint en associant une reconstruction osseuse (cf. Infra).
En cas d'atteintes dentaires associées, un traitement destiné à conserver certaines ou toutes ces dents peut être réalisé par le dentiste avant l'intervention chirurgicale. Dans d'autres cas (atteinte dentaire trop importante ou position défavorable du kyste) il peut être nécessaire d'enlever une plusieurs dents).

On distingue deux méthodes possibles de traitement :

Énucléation

Tant que possible, il est tenté de réaliser une énucléation du kyste. L'intervention consiste à réaliser une ouverture dans l'os et à "décoller" le kyste de l'os afin de préserver au maximum l'os sain. L'intervention se déroule par voie endo-buccale, ne laissant donc aucune cicatrice sur le visage
L'intervention est réalisée sous anesthésie générale, lors d'une courte hospitalisation (souvent réalisable en chirurgie ambulatoire [ = entrée à l'hôpital le matin, sortie le soir]).
Les suites sont marquées par un œdème d'autant plus important que le kyste était important mais souvent très peu douloureuses. Des médicaments anti-douleurs et des antibiotiques sont prescrits. Des clichés radiologiques de contrôle et des rendez-vous de consultation post-opératoires seront donnés. La surveillance post-opératoire s'étale sur plusieurs années avec des clichés radiologiques annuels afin de vérifier la bonne cicatrisation osseuse et l'absence de récidive de la lésion initiale.

Énucléation d'un kyste mandibulaire
Visualisation kyste intra-mandibulaire Réalisation d'une fenêtre à la fraise
Visualisation kyste intra-mandibulaire Réalisation d'une fenêtre à la fraise
Décollement du kyste (Profil) Décollement du kyste (Face)
Décollement du kyste (Profil) Décollement du kyste (Face)
Portion des racines dentaires au contact du kyste (en vert) Résection des portions des racines au contact du kyste
Portion des racines dentaires au contact du kyste (en vert) Résection des portions des racines au contact du kyste

Il est important de noter que la cicatrisation osseuse est beaucoup plus lente que la cicatrisation de la muqueuse et que la normalisation des images radiologiques peut prendre plus d'un an. A ce titre un suivi prolongé dans le temps (consultations et examens radiographiques) est indispensable.
Ainsi toute récidive éventuelle pourra être diagnostiquée précocement et permettre une reprise chirurgicale d'autant plus limitée que la taille de la nouvelle lésion sera réduite car détectée tôt.

Résection interruptrice

Parfois le volume du kyste entraîne une atteinte osseuse majeure sur un segment de la mâchoire, ou bien le kyste a franchi l'os et atteint les tissus mous adjacents. Il est alors impossible de réaliser une énucléation simple. Il devient alors nécessaire de retirer l'ensemble des tissus atteints. Ce cas de figure, rare, nécessite alors une reconstruction osseuse réalisée dans le même temps, soit par une greffe osseuse si la taille est inférieure à 3-4 cm, ou par un lambeau dans les autres cas (voir le chapitre Reconstructrice : Greffe iliaque et Microchirurgie [Lambeau de péroné]).
Il est alors souvent nécessaire de faire une incision dans le cou afin de réaliser le geste de reconstruction osseuse, en plus de la zone osseuse à prélever au niveau iliaque ou au niveau de la jambe.

Dans ces derniers cas l'intervention est beaucoup plus importante que l'énucléation simple et les suites sont nettement plus longues avec une hospitalisation de 10-15 jours

Résection mandibulaire pour kyste géant
Kyste géant mandibulaire gauche (vue antéro-latérale) Kyste géant mandibulaire gauche (vue postéro-latérale) Kyste géant mandibulaire gauche (vue supérieure)
Kyste géant mandibulaire gauche (vue antéro-latérale) Kyste géant mandibulaire gauche (vue postéro-latérale) Kyste géant mandibulaire gauche (vue supérieure)
Résection osseuse mandibulaire et kyste Reconstruction par lambeau de péroné Le nerf alvéolaire inférieur est sectionné entraînant une insensibilité totale et définitive de la moitié de la lèvre et du menton du même côté que le kyste
Résection osseuse mandibulaire et kyste Reconstruction par lambeau de péroné