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Chirurgie maxillo–faciale et Stomatologie Hôpital Saint-Louis

Les glandes parotides

Les parotides sont les plus grosses glandes salivaires principales. Elles sont grossièrement situées en arrière de la portion montante de la mandibule et en avant de l'oreille. La salive fabriquée par chaque glande parotide est excrétée dans la bouche via le canal de Sténon.

Chaque parotide est traversée par le nerf facial qui la divise anatomiquement en deux portions : la parotide superficielle située en dehors du nerf et la parotide profonde située en dedans. Chaque nerf facial est responsable de la motricité des muscles de l'hémiface correspondante (sauf celui permettant de relever la paupière supérieure).

Topographie
Régions parotidienne et submandibulaire Parotide (flèche) Parotide droite de Face (+ Nerf Facial et canal de Sténon)
Régions parotidienne et submandibulaire droites Glande parotide (flèche) Parotide droite de Face (+ Nerf Facial et canal de Sténon)

Les infections = parotidites

Elles peuvent être d'origine virales (et sont alors souvent bilatérales, par exemple "les oreillons") ou bactériennes. Elles se manifestent par une augmentation de volume de la région avec une peau qui devient rouge. La douleur est souvent assez intense. En cas d'atteinte bactérienne, l'examen endo-buccal permet parfois de retrouver une goutte de salive purulente à la sortie du canal de Sténon. Le traitement repose sur les antibiotiques associés à des boissons abondantes pour 'laver la glande'.
Les causes de parotidites bactériennes les plus fréquemment retrouvées sont :

Dans certains cas, la répétition d'épisodes infectieux sévères peut indiquer l'exérèse de la glande sous anesthésie générale, toujours réalisée à distance de la phase aiguë de l'infection (en général au moins 2 mois).

Les tumeurs

Rappel important

Une tumeur est une masse de tissu anormal mais qui n'est pas forcément maligne (cancéreuse). C'est pour cela que l'on utilise les dénominations de tumeur bénigne ou de tumeur maligne. Nous n'aborderons ici que quelques tumeurs d'origine parotidiennes. D'autres lésions peuvent survenir dans cette région mais qui n'ont pas pour origine la glande parotide ((lipome, kyste congénital, kyste sébacé...)

Tumeurs bénignes

L'adénome pléomorphe (anciennement appelée 'tumeur mixte')

C'est la plus fréquente des tumeurs parotidiennes (80%). Elle survient plus souvent chez la femme d'âge moyen.
Elle se présente souvent comme une tuméfaction ('une boule'), ferme, siégeant dans la région parotidienne sans autre manifestation. La croissance est lente sur plusieurs années et indolore. La peau est normale en regard de la tumeur qui est mobile par rapport aux plans profonds.
Un bilan par IRM est utile au diagnostic. Le traitement est chirurgical (Cf. Chirurgie).

Exérèse adénome pléomorphe (réalisation d'une parotidectomie)
Adénome pléomorphe parotidien
Adénome pléomorphe parotidien droit
Adénome pléomorphe parotidien - pièce opératoire Adénome pléomorphe parotidien - parotidectomie superficielle
Pièce opératoire Après résection du lobe superficiel de la parotide

Tumeur de Warthin (= Cystadénolymphome papillaire)

C'est la deuxième plus fréquente des tumeurs parotidiennes. Elle touche préférentiellement l'homme vers la cinquantaine. Elle siège plus habituellement au niveau du pôle inférieur de la parotide. La masse est molle à la palpation, et la peau est normale en phase non-inflammatoire. Son évolution est fréquemment marquée par des poussées inflammatoires qui entraînent une rougeur cutanée en regard et des douleurs (pouvant nécessiter un traitement médicamenteux). Le traitement est chirurgical (Cf. Chirurgie).

Tumeurs malignes (= cancéreuses)

Elles sont de plusieurs natures que nous ne détaillerons pas ici. L'aspect clinique est parfois évocateur d'emblée avec présence d'une paralysie faciale lors de l'examen clinique, parfois de découverte histologique (analyse systématique de la pièce opératoire). Le traitement chirurgical est variable en fonction de la nature, de la taille, de la localisation et de l'extension de la tumeur maligne. Le sacrifice du nerf facial peut être nécessaire pour des raisons cancérologiques ainsi que la réalisation d'un curage ganglionnaire (Cf. curage ganglionnaire).

Les lithiases (calculs)

Les calculs des glandes salivaires sont des pathologies fréquentes. Il n'y a pas de rapport avec les calculs situés au niveau des voies urinaires ou de la vésicule biliaire. Ce sont de petits cailloux de taille variable se développant dans les canaux par précipitation de certains composants salivaires. Ils agissent comme des bouchons sur les voies excrétrices salivaires entraînant une rétention de salive en amont et donc une augmentation de volume de la glande ne pouvant plus se drainer normalement.

Plus la lithiase est située en aval (proche de la fin du canal) sur les voies excrétrices, plus importante sera la manifestation due à la rétention salivaire. Le cas habituel correspond à l'enclavement d'un calcul dans le canal excréteur terminal de la glande se traduisant donc par une augmentation de volume global de la glande.

Manifestations cliniques

Ces épisodes surviennent au moment des repas, période à laquelle la sécrétion salivaire devient maximale. Ils sont donc responsables d'une tuméfaction de survenue rapide (quelques minutes) en regard de la glande, en général peu ou pas douloureuse, et cédant progressivement en quelques dizaines de minutes après la survenue initiale.
Ces épisodes sont fréquemment récurrents, entraînant une gêne passagère le temps que le blocage de la salive cède. Parfois le gonflement reste présent traduisant le blocage persistant du flux salivaire.

Bilan

Il peut être réalisé par différents examens, qui peuvent se compléter si nécessaire:

Le traitement

Il est fonction de la localisation et de la taille du calcul. Il peut consister en une ablation du calcul sous anesthésie locale, sous anesthésie générale ou en l'exérèse complète de la glande (Cf. Chirurgie).