Chirurgie maxillo–faciale et Stomatologie Hôpital Saint-Louis

Cancer de la cavité buccale

Le principal cancer de la cavité buccale est le carcinome épidermoïde. Il touche initialement la muqueuse, c'est-à-dire le revêtement (gencives, etc...). Son extension locale peut ensuite entraîner des atteintes d'autres structures (os des mâchoires, glandes salivaires...).

Le principal facteur de risque retrouvé est l'intoxication tabagique. L'association avec une intoxication alcoolique a un effet multiplicateur sur le risque de cancer.
Le virus HPV (Human Papilloma Virus), retrouvé dans certains cancers du col de l'utérus, a été récemment évoqué comme un facteur de risque. Son rôle est encore imparfaitement élucidé dans la cavité buccale.

Il peut également se développer sur des lésions pré-existantes dites pré-cancéreuses qui se transforment alors en cancer.

Extension

Pour ce cancer, l'extension se fait essentiellement par voie lymphatique. Ce sont les ganglions qui filtrent la lymphe qui sont donc les premiers relais envahis en cas d'extension. Pour la cavité buccale les premiers relais ganglionnaire sont situés dans le cou.

Épidémiologie

Depuis 30 ans, il existe une diminution des cas en rapport avec la baisse de l'alcoolisme mais l'augmentation du tabagisme chez les femmes montre une modification de la maladie. Cependant 75% des décès dus à ce cancers touchent les hommes.

Pronostic

Il est fonction du stade d'extension de la maladie et de la localisation de la tumeur.
Il reste inchangé depuis 30 ans à l'inverse de tous les autres cancers: environ 30% de taux de survie à 5 ans tous stades et toutes localisations confondues.
Plus le cancer est dépisté tôt et est de petite taille, meilleur est le pronostic.

Diagnostic

Il est suspecté lors de l'examen clinique montrant une lésion évocatrice.
Il est confirmé par la réalisation d'une biopsie dont l'analyse fera le diagnostic.

Classification des cancers

Elle est donnée par la classification TNM
T : taille de la tumeur
N : (de 'nodes' signifiant ganglions en anglais) : nombre de ganglions envahis
M : présence ou absence de métastases

Le bilan d'extension

Il est réalisé pour évaluer l'extension de la maladie (envahissement de ganglions du cou, métastases, autres cancers liés au facteur de risque comme le poumon avec le tabac).
Il comprend la réalisation de plusieurs examens complémentaires :

Le traitement

Il est décidé par un collège de différents médecins spécialistes du cancer une fois le bilan d'extension réalisé. Il s'agit d'une réunion pluridisciplinaire qui statue sur le traitement à envisager. Ce comité examinera à nouveau le cas après la chirurgie avec les résultats d'analyses réalisées sur les pièces opératoires si une intervention a été réalisée.
Les thérapeutiques possibles sont :

Ces traitements peuvent être utilisés séparément ou successivement

Le traitement chirurgical

Il consiste à enlever la tumeur avec une marge de sécurité (10 mm).
En général les ganglions du cou sont retirés (on parle de curage ganglionnaire cervical) soit d'un côté soit des deux en fonction de la localisation du cancer.
L'exérèse de la tumeur et des ganglions sont réalisées dans le même temps opératoire.
La tumeur et les ganglions retirés seront analysés pour connaître la situation précise de la maladie. En effet, le bilan d'extension préopératoire peut ignorer certaines petites atteintes ganglionnaires et c'est uniquement l'analyse des pièces opératoires qui permettra d'obtenir un bilan définitif.
Dans certains cas une reconstruction peut être nécessaire. Elle est réalisée au cours du même geste selon des modalités qui vous seront expliquées par votre chirurgien.

Les autres traitements

La radiothérapie et la chimiothérapie sont les autres possibilités thérapeutiques.
La radiothérapie peut être utilisée seule ou en association avec la chimiothérapie. La chimiothérapie seule n'est pas indiquée en première intention.
Ces deux thérapeutiques peuvent être utilisées seules ou en complément d'un traitement chirurgical suivant les cas.